Gilles Tabarant : Les cadres techniques ont été laissés sur le bord du chemin

TABARANT

 C’est une saga dont l’escrime française raffole. Son père, Aimé, fut maître d’armes, CTR de Provence ; son épouse, Martine, est maître d’armes ; son fils, Hervé, est maître d’armes. ! Gilles Tabarant est maître d’armes, ancien CTR de la Ligue, ancien responsable du Pôle France d’Aix, ancien entraîneur national adjoint de fleuret masculin. Et aujourd’hui président de l’Escrime Pays d’Aix, qui compte 300 licenciés et qui disposera l’année prochaine d’une salle dédiée de 14 pistes. Sont passés par ses mains de nombreux escrimeurs garçons et filles membres des équipes nationales. Plusieurs titres de champion de France individuel et par équipes. C’est donc un homme qui compte dans le paysage et qu’il faut écouter.

Pourquoi vous placez vous derrière Isabelle Lamour ?

⁃ « D’abord, je voudrais dire que j’ai beaucoup d’amis, de collègues dans les deux listes, avec qui j’ai travaillé et avec qui je continuerai à travailler quoi qu’il arrive. Alors, pourquoi ? Parce que trop de bonnes idées sont demeurées dans les cartons. Par exemple, en ce qui nous concerne, la réunification de la Provence et de la Côte d’Azur, qui serait extrêmement bénéfique. Depuis septembre, nous avons notre CTS, Olivier Lambert, qui agit sur la Provence, la Côte d’Azur et la Corse ; j’espère que cette nomination va déboucher sur cette réunification. Par exemple, je citerai également l’échec du réaménagement de la vie fédérale autour des circuits nationaux et des zones. Les Championnats de France séniors par équipes beaucoup trop onéreux par rapport à l’impact que cela amène. Revenons aux Championnats sur une journée avec 8 équipes.

⁃ On suppose que le résultat de Londres vous a touché…

⁃ « Oui, c’est un cruel échec. Alors, soit on change le système, soit on change les hommes, ou les deux. Mes jeunes collègues sont enthousiastes, volontaires, compétents et il faut les encourager. Je pense donc qu’il faut changer notre système d’accession au haut niveau et là ils manquent de recul et d’expérience. Car notre circuit (qui ne sert pas à grand chose) doit tendre vers le haut niveau. Il faut créer des commissions ad hoc d’experts par arme avec les entraineurs, les responsables de Pôles, des Maîtres d’Armes de Club, des dirigeants rompus aux exigences de la performances, pas seulement pour fonctionner au moment des sélections, mais aussi pour définir, renforcer les filières. Parallèlement, il faut repenser la vocation des pôles. Souvent, ces pôles ont voulu se transformer en petit INSEP. J’ai été responsable de pôle pendant treize ans et je peux vous dire qu’il y avait de l’humilité. Et mon pôle était mixte. Quand on voit qu’on envoie un jeune d’Aix en Provence à Wattignies, sans bien sûr mettre en cause le travail qui y est effectué, le coupant de ses racines, de sa famille… »

⁃ L’un des griefs entendus concerne l’organisation des compétitions.

⁃ « Déjà, il faut redécouper les zones, de façon à ne pas faire plus de 250 km, ce qui limitera les frais d’hôtel, d’essence, sans compter les contraintes d’école, parfois non respectées le samedi matin ou le lundi matin. Ensuite, il faut veiller au lieu où se déroule la compétition. Il existe un cahier des charges, mais personne ne le contrôle, là encore rien n’est respecté. Je pense qu’il faudrait un observateur pour les épreuves de zone. Il est complètement anormal de laisser des jeunes plus de 8 heures dans un gymnase pour faire trop peu d’assauts. »

⁃ Autre grand sujet de préoccupation : la formation des maîtres d’armes, axe de travail      n°1 d’Isabelle Lamour et de son équipe.

⁃ « Contrairement à certains, je ne suis pas favorable à la reconstitution d’une Ecole nationale de maîtres d’armes. A l’époque, à Antibes ou à Joinville, les élèves étaient militaires, pris en charge. Aujourd’hui, ni un candidat, ni un club ne peuvent se permettre financièrement d’étudier d’une façon permanente pendant un an (ne parlons pas de deux…) On peut établir une formation pointue dans chaque région ou chaque zone complétée par des regroupements ponctuels. Par exemple, nous avons créé PREPAPACA, formation régionale, où le stagiaire reste à disposition de son Club avec un rendez-vous tous les lundis au CREPS d’Aix en Provence. Ensuite, il faut envisager une qualification nationale, pour affiner, et, là, on peut penser à un Centre national où pourraient intervenir l’IFFE, la DTN et les entraîneurs nationaux. Je voudrais dire aussi, parallèlement, qu’il faut améliorer la formation de dirigeant. Actuellement, ça passe par les CDOS, les CROS, les D.D., c’est très inégal. »

Autre sujet à controverse : l’arbitrage…

⁃ « La France a toujours été excellente au niveau international. Mais il y a des chapelles et ce n’est pas acceptable. La formation de l’arbitre se fait dès la formation de l’escrimeur. Comme les enfants ne sont pas électrifiés, on a recours aux assesseurs. On n’insiste pas assez sur le côté pédagogique. Dans l’arbitrage moderne, on se repose trop sur les lampes. »

Les cadres techniques ont-ils toute leur place dans la vie fédérale ?

⁃ « Non, pour l’instant ! Ils ont été laissés sur le bord du chemin, car on n’a pas pris en compte leurs compétences. Or ce sont eux les maîtres d’oeuvre de la politique fédérale. Quand je pense que l’équipe en place songe à un DTN non escrimeur, c’est une sombre erreur ! Le DTN doit être de la maison. Et je sais qu’Isabelle Lamour est totalement en accord. » ⁃ ⁃

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