De nouvelles filières de détection

P1060058Une filière de détection et d’entrainement basée sur la proximité ; une vie sportive et une politique de zones revisitées.

En termes de détection, d’entrainement et de vie sportive, il nous parait important de repenser le contexte et ce, d’après les constats faits au regard des résultats sportifs enregistrés ces dernières années.

En effet, si le zéro pointé de Londres a marqué les esprits, il faut bien avouer que l’observation éclairée des saisons  écoulées n’était pas très prometteuse de résultat.

Et pourtant, beaucoup de moyens sont mis à disposition  et les fédérations étrangères s’interrogent, plus que nous d’ailleurs, sur le décalage entre les résultats et les moyens mis en œuvre   .

D’une analyse de notre mode de fonctionnement qui ne doit pas non plus être totalement remis en cause, les points de faiblesse semblent  être :

-Une absence de maillage des Ligues pour une détection des jeunes à tous  les niveaux, dans toutes les armes et sur l’ensemble du territoire.

Des ligues et des clubs coupés du système et non impliqués, ni responsabilisés dans ce processus.

-Des filières trop « verticales »,  sans suffisamment de passerelles entre les catégories, les armes, les cadres et entraineurs.

Dans ces conditions, il faut  élargir la base du dispositif,  s’appuyer sur ce qui se fait dans les ligues et les clubs, utiliser l’expérience de tous (techniciens et bénévoles) pour la mettre aux services de nos jeunes ; en un mot  fédérer autour d’un projet commun plutôt qu’opposer et diviser.

Il nous faudra donc reconsidérer le système en place en envisageant une nouvelle approche de terrain plus respectueuse de la pensée de chacun, de la vie des jeunes et du travail de nos maîtres d’armes.

Repenser la vie sportive passera assurément par un redécoupage de zone plus propice à un fonctionnement local et régional, limitant les déplacements en réduisant le coût des séjours sur place, les kilomètres parcourus, les frais d’hôtel et de repas.

Cette nouvelle architecture devra tenir compte de l’histoire de chaque ligue, de sa proximité culturelle et géographique avec sa voisine, autant que de l’importance du nombre de ses licenciés.

Tout ceci devra être réalisé dans la concertation, l’échange et la communication.

Cinq axes guident ce projet d’aménagement de notre politique sportive.

1°Redéfinir le découpage géographique des zones repositionnera la vie sportive, mais permettra également d’asseoir un système de détection, d’entrainement et de formation qui s’appuiera davantage sur les structures locales (ligues et clubs) et s’accompagnera probablement d’une réorganisation de la filière du PES du ministère (Parcours d’Excellence Sportive).

Cette révision du système fédéral devra tenir compte en permanence d’un ensemble de paramètres incontournables, essentiels, mais parfois difficiles à concilier : proximité, déracinement, double- projet, expertise, vie familiale, performance.

Comment, en effet, privilégier la proximité, éviter le déracinement familial, l’éloignement de son club et de sa région, tout en optimisant la performance sportive et la poursuite des études ?

Permettre à nos jeunes athlètes d’avoir le choix : celui de rester chez eux si les conditions sont réunies pour allier avec succès entrainement sportif, études et vie de famille ou celui d’intégrer une autre structure si les parents, le club et le maître d’armes y sont favorables.

Il faudra veiller à ce que les clubs formateurs qui possèdent les enseignants et les infrastructures favorables à la poursuite d’un double projet ne se sentent pas systématiquement dépouillés de leurs élèves alors qu’ils ont les moyens de les faire progresser.

3° Favoriser et  encourager les initiatives locales est essentiel, si elles  sont pertinentes afin de mettre en place dans les ligues, les structures de détection et d’entrainement propices à l’élargissement de la base.

Le système fédéral en place devra donc répondre aux attentes des ligues et des clubs tout en intégrant les directives ministérielles afin qu’aucun jeune ne soit injustement laissé sur la touche.

Appartenir à un pôle d’entrainement fédéral ne sera pas la seule condition pour être certain d’effectuer les déplacements en équipe de France. Chaque maître d’armes devra être en mesure de savoir pourquoi et sur quelle base son élève n’est pas retenu dans une sélection, quels choix ont été opérés. Les critères devront être rigoureux, équitables et justifiés.

Nous devrons faire en sorte que le travail des maîtres d’armes formateurs soit valorisé, que le système fédéral intègre les enseignants de club dans la filière d’entrainement de haut niveau et dans le champ de l’expertise et qu’il leur soit donné la possibilité d’accéder à la formation continue dans leur arme de prédilection.

Le travail fait dans nos clubs et nos ligues devra compléter et renforcer celui des pôles nationaux d’entrainement. Au contraire d’opposer les genres et les méthodes, notre but sera de fédérer et de coopérer autour d’un projet commun clairement exprimer en début de saison par l’entraineur national et la commission d’arme.

4°Le fonctionnement des centres d’entrainement nationaux ne doit pas se faire au détriment des clubs et de la vie locale. Doit-on pour autant supprimer les pôles? Nous ne le pensons pas. Chacun doit trouver sa place afin de travailler ensemble, ne pas laisser de jeunes sur la touche, ne pas se priver de l’expérience et des compétences de nos maîtres d’armes et de nos entraineurs, être attentif aux besoins de nos athlètes, aux préoccupations des parents des plus jeunes qui ne doivent faire un choix entre études et réussite sportive.

La fédération en renforçant la coopération entre élus et techniciens devra être à l’écoute de tous,  intégrer la notion de réussite scolaire et professionnelle à la performance sportive.

Bien sûr des choix devront être opérés qui satisferont certains et en mécontenteront d’autres. Nous ne sommes pas naïfs. Il serait irréaliste de considérer que notre système pourra se passer de l’aide de l’état et de ses directives, des infrastructures en place dans lesquels travaillent nos athlètes, que ce soit l’INSEP ou les CREPS qui accueillent nos pôles, d’ignorer la situation financière de notre fédération et ses ressources propres.

Le dialogue, la concertation, l’échange et la communication devront néanmoins être à la base de toutes nos décisions et les choix seront arrêtés en commun.

Que les pôles France jeunes soient maintenus là où ils se trouvent, qu’ils soient fondus dans le dispositif de zones, qu’ils soient repositionnés géographiquement ou que leur nombre soit réduit, la mixité y sera imposée dans toutes les armes.

Le devenir de ces structures sera considéré en commun avec les élus, les techniciens impliqués dans l’arme, ainsi que l’équipe d’entraineurs nationaux en place.

5°La possibilité de redéfinir un nouveau schéma d’encadrement des équipes  de France sera étudiée dans sa faisabilité.  Elle tiendra compte de l’avis de toutes les parties intéressées (entraineurs nationaux, athlètes, responsables de commissions d’armes, élus).

La spécificité de chaque arme sera un facteur incontournable pour définir la vie sportive fédérale, déterminer les principes d’encadrement des équipes nationales et envisager la mixité des entrainements de l’élite.

Un entraineur national pourra-t-il concevoir de dispenser l’entrainement et la leçon individuelle à la fois aux femmes et aux hommes d’une même arme ? La question sera posée.

Des centres de détection, de formation et d’entrainement régionaux installés dans les zones.

Ils seront créés à l’initiative des ligues et des  zones sans aucune obligation.

Ce dispositif aura pour objectif  d’impliquer les ligues et les clubs dans le développement de l’élite nationale et intégrera les équipes techniques régionales dans le processus de détection et d’entrainement. Il permettra également aux jeunes athlètes de rester proches de leur région et de leur domicile.

L’objectif des centres ainsi créés sera d’entrainer, bien sûr, mais aussi d’éduquer et de former.

Toutes les armes pourront être regroupées au sein d’un même centre dans une même ligue choisie par la zone concernée, mais il peut  être également envisagé que le dispositif soit éclaté géographiquement  sur plusieurs ligues composant la zone (le fleuret dans une ligue, le sabre dans une autre, l’épée dans une troisième). Les choix de fonctionnement interne seront entièrement laissés aux zones, aux ligues et aux clubs sur lesquelles sont installés les centres.

2 axes de développement sont à prendre en considération concernant la structure support:

–       Celui des clubs formateurs (clubs phare d’une ligue et/ou d’une zone et présentant des garanties scolaires et sportives).  Leur action sera essentielle dans le dispositif. Il est nécessaire de s’appuyer sur les structures existantes pour mettre en œuvre le processus d’accès au haut-niveau. Le regroupement  de tireurs dans la même structure n’aura pas d’incidence sur l’appartenance à son club d’origine (annulation de la contrainte géographique pour la double licence).

–       Celui des centres de formation et d’entraînement (type sections sportives scolaires mis en place dans les ligues ou en CREPS pour des pôles régionaux espoirs).

Les centres feront l’objet d’une convention passée entre la ligue sur laquelle est  implantée l’arme, l’inspection académique, l’établissement scolaire concerné accueillant des escrimeurs et la direction régionale des sports.

Le financement de ces centres sera assuré conjointement par la FFE, la ligue ou le club support et un troisième tiers que la ligue sera chargée de trouver si elle souhaite accueillir une arme chez elle.

Le CTS ou le cadre fédéral responsable de zone sera le coordonnateur du dispositif et certainement aussi, l’un des formateurs et des intervenants.

Les cadres de ces sections  n’interviendront que sur une arme, leur arme de prédilection. Il sera envisagé, dans chaque arme, la possibilité de les regrouper une ou deux fois par an, aux frais de la FFE, au sein d’un stage national de perfectionnement. Ce stage sera encadré par des experts (EN, ENA, MA reconnus, MA étrangers). Les regroupements auront lieu un WE ou durant des périodes de vacances communes. Ils s’inscriront sur une durée de 2 jours.

Les athlètes et les cadres des centres de détection et d’entrainement, tout comme les CTS, pourront être associés ponctuellement aux entraînements des équipes nationales.

Un  poste de CTN sera créé pour assurer la mise en place des centres et leur suivi, la formation des cadres et des intervenants.

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