Notre vision de la formation

La formation , c’est le coeur du projet que nous portons. C’est la condition indispensable au développement des clubs et à leur création .

Elle est directement liée à la détection et à l’apprentissage en club donc au développement du plus grand nombre mais aussi essentielle à l’entrainement de haut niveau

Le projet doit donc générer de nouveaux talents de maitres d’armes , éducateurs et formateurs , capables demain de permettre à nos tireurs de se projeter vers les futures échéances internationales et olympiques .
C’est aussi espérer faire revivre le rayonnement d’une grande école d’escrime française .

Mais les temps ont changé et les conditions qui ont permis par le passé de former tant de maitres d’armes compétents et reconnus ne sont plus de mise. Les professeurs d’EPS spécialistes escrime et les militaires ne constituent plus la base du recrutement. Le statut des candidats ne permet plus leur totale disponibilité sans aucune contrepartie financière.

Le nombre de nouveaux maitres d’armes est en diminution : 18 DEJEPS formés en 2 ans . On est loin du nombre de candidats qui validaient le Brevet d’Etat .De plus , beaucoup s’accordent à penser que le niveau technique semble en baisse .

Alors , il nous faut être pragmatique dans nos propositions , mais en nous inscrivant dans la logique et l’architecture des nouveaux diplômes , tels que récemment réformés .

Sans remettre en question tout le dispositif déjà élaboré , comment parvenir à des objectifs quantitatifs et qualitatifs ?

    1)En assurant une progressivité dans le cursus de formation grâce à un système pyramidal

La formation s’appuie sur un système pyramidal progressif depuis l’animateur jusqu’au DESJEPS depuis le club jusqu’à la FFE. Il ne s’agit pas de s’opposer à la législation qui prévoit l’accès au DE sans prérequis, mais de fonder la formation sur un cursus logique. Les accès directs aux diplômes supérieurs restent possibles, mais contrôlés lors du positionnement des candidats.

PyramideFormation

   2)En permettant au candidat de poursuivre un double projet

Les formations doivent être compatibles avec un autre projet :
• Scolaire
• Professionnel
• En alternance
Par conséquent, les modules de formations doivent pouvoir se dérouler durant des périodes de vacances scolaires et des cours dispensés via un système de formation à distance (FOAD).
La formation doit rester, avant tout, une formation de proximité, en particulier pour les diplômes d’animateur et d’éducateur,voire le BPJEPS, et permettre la poursuite d’une activité au sein du club .

   3) En assurant une vraie formation et non un système de sélection !

• Les taux de réussite doivent augmenter.
• Tout escrimeur qui entre en formation doit pouvoir sortir avec une qualification.
• Le jeune qui échoue doit pouvoir continuer son apprentissage.
L’idée est d’éviter à tout prix l’abandon des candidats pendant leur formation

La formation en situation scolaire ne doit pas porter préjudice au fonctionnement de la structure d’accueil. C’est-à-dire que le candidat ne peut pas être absent trop souvent durant son temps de travail dans la structure. Par conséquent les formations doivent se dérouler durant des périodes de congés.
Les formateurs doivent être plus crédibles et mieux formés au métier d’enseignant.

   4)En mobilisant le potentiel des formateurs existants

Les CTS doivent être les pivots des formations au moins jusqu’au BPJEPS , en lien avec les maitres d’armes de club .
Les tuteurs et les structures d’accueil doivent être en relation avec les formateurs de façon à instaurer une reconnaissance mutuelle et du lien entre les acteurs.
Par ailleurs , il est indispensable de mettre en place une formation continue pour tous les cadres et maitres d’armes qui le souhaitent ,sur la base du volontariat .La qualité de l’enseignement doit se nourrir des échanges entre les professionnels , sans se priver du recours à des stages associant des maitres d’armes étrangers .

   5)En renforçant les contenus d’enseignements et en les évaluant

Les contenus pédagogiques doivent être partagés et par voie de conséquence négociés. Actuellement, il y a trop de disparité dans les programmes d’enseignements.
Il s’agit d’élaborer un socle commun de compétences à acquérir.
Il faut remettre la leçon individuelle au coeur du dispositif en créant une cohérence depuis les duos jusqu’à la leçon d’entrainement.
Il s’agit également de mieux définir les compétences nécessaires pour l’accueil et la prise en main des publics variés. Il faut également s’efforcer de paramétrer la pédagogie collective et la rendre plus efficiente.
Qui dit qualité dit évaluation par un contrôle en cours de formation, une validation des savoirs et des savoir-faire acquis dans la structure d’accueil. Il faut donner de l’importance et de la crédibilité au tuteur en lui conférant la mission de valider les compétences acquises dans la structure.
Mais il faut aussi adapter les examens à la spécificité de la structure d’accueil.

   6)En étant attentif à la problématique économique de la formation fédérale

Les coûts de formation ont augmenté de façon considérable avec les nouveaux diplômes
La prise en charge des OPCA n’est pas totale ;il en résulte une sélection par l’argent qui constitue un frein considérable.
Mais des pistes pour potentialiser la collecte des financements existent. C’est l’une des missions prioritaires de l’IFFE.
Encore faut –il que cet outil soit mieux connu et mieux utilisé encore.
Son action se focalise sur le dernier étage de la pyramide : le DEjeps et le DESjeps. Son contenu et sa durée doivent être reconsidéré pour le rendre accessible. Réparti sur deux ans , ce cursus peut être imaginé de façon à préserver une première année sans rupture avec le club , dès lors que le candidat est déjà titulaire d’un Bpjeps . Par contre la deuxième année doit obliger le candidat à être au contact de la diversité de l’escrime en France ,sur un mode de fonctionnement qui pourrait s’apparenter à celui du compagnonnage

   7) En identifiant et favorisant les débouchés et l’employabilité des diplômés

Beaucoup de clubs ou d’associations n’ont pas la possibilité d’offrir un emploi à temps plein.
Il convient donc de mutualiser les besoins en fonction du niveau de formation requis .
Mais il existe aussi d’autres initiatives dignes d’intérêt , comme l’expérience mené par Christian Joseph , au sein d’un groupement d’employeur (voir interview ci-dessous ) .

Ces éléments constituent pour le moment des pistes de réflexion. Il est évident qu’il s’agit d’un vaste chantier prioritaire pour la nouvelle équipe .C’est pourquoi, il devra être porté conjointement par le bureau , en particulier le vice- président chargé du dossier, et la direction technique nationale .

Interview de Christian Joseph

Christian Joseph, vous êtes président du Groupement d’Employeurs Sport Bretagne. Pouvez-vous nous présenter votre association ?

Il s’agit d’une structure chargée de l’emploi et de la mise à disposition d’éducateurs sportifs sur le principe du temps partagé, auprès d’établissements en Bretagne. Nous représentons un outil de lutte contre la précarité de l’emploi. Nous favorisons la dynamisation des entreprises ou associations dans leur zone géographique et nous participons au développement des activités physiques en milieu rural.
En résumé, le groupement contribue à la pérennisation des emplois et à la professionnalisation du secteur associatif.

Comment intervenez-vous ?

Le groupement mobilise l’ensemble de ses ressources pour :
– accompagner les bénévoles dans la création et le suivi de l’emploi
– accompagner les salariés dans la construction de leurs parcours professionnels
– associer l’ensemble des acteurs à nos projets dont celui spécifique de l’activité physique dans les EHPAD. Il s’agit d’un projet « Sport Santé », issu d’une réflexion sur les nouveaux enjeux de société tels que la lutte contre la dépendance des personnes âgées. Il existe, après analyse des besoins, un réel potentiel dans ce secteur.

Combien avez- vous généré d’emplois ?

Nous avons à ce jour 85 salariés (51 femmes et 34 hommes) correspondant à 15,40 équivalents temps plein.
42 salariés sont en CDI dont 6 temps plein et 36 temps partiel, et 43 en CDD en temps partiel.
Les contrats sont régis par la convention collective nationale du sport.
L’objectif à terme est la création de 40 emplois en équivalents temps plein stabilisés.

De quel budget disposez-vous ?

Notre budget 2012 s’élève à 726 000 euros dont l’essentiel est destiné aux rémunérations.
Nous bénéficions des ressources convergentes des Collectivités territoriales, des services de l’Etat et de l’ASP.
Nos aides publiques représentent 11% de nos produits dont 28% de la Région et 72% de la DRJSCS.

Pensez-vous que votre expérience est transposable à l’escrime ?

Oui, même si aujourd’hui nous n’avons pas pu accompagner d’initiative dans ce sport. Le groupement d’employeurs est un outil qui répond à une demande de proximité et une mutualisation de moyens. En effet, bon nombre des salariés ont plusieurs employeurs ou des activités complémentaires à un emploi principal. Bon nombre d’employeurs ont aussi besoin d’interventions spécialisées, de qualité mais ne correspondant pas forcément à un emploi temps plein. Même si cela peut sembler lourd, il s’agit bien d’un dispositif qui mérite une attention particulière.
D’autre part, l’intervention de nos maîtres d’armes sur des actions adaptées en faveur du « Sport Santé » nous permet d’envisager des perspectives d’emplois encourageantes.

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A propos ffe2012

dirigeant escrime passion
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