Mon projet

Avant de vous faire part des priorités de notre action que nous continuerons de développer chaque semaine sur notre blog, je me permets d’insister sur un point : vous ne trouverez dans notre projet aucune annonce tonitruante en matière de recette de sponsoring, de nombre de licenciés ou de nombre de clubs. Non rien de tout cela ! Je préfère aujourd’hui nous fixer des objectifs raisonnables mais déjà très ambitieux, compte tenu de la situation économique de notre pays et de notre Fédération. Je souhaite avant toute chose remettre « de l’ordre dans la maison », restaurer la confiance et le plaisir de travailler à nouveau ensemble, redonner confiance aux clubs et aux élus des Comités Départementaux, des Ligues et du Comité Directeur ainsi qu’aux maîtres d’armes et cadres techniques en montrant à tous que la démocratie consiste à écouter tout le monde et non pas à s’isoler.

Viendra ensuite  le temps de la reconquête des précieuses positions que nous occupions au sein du mouvement sportif et que nous avons perdues au cours de ces dernières années.

Je tiens à préciser également que ces actions seront menées en totale concertation avec le DTN ; la bonne entente du couple DTN / Président(e) est à mon sens la condition indispensable au bon fonctionnement d’une fédération. Dès le départ, ils doivent s’accorder sur un certain nombre de principes fondamentaux.

La formation, le développement et l’emploi

C’est pour l’équipe que je conduis une priorité absolue.

Elargir le recrutement et communiquer sa passion  doivent être les maîtres mots de tous les acteurs, techniciens et élus, pour susciter des  vocations d’enseigner chez les jeunes escrimeurs.

C’est aussi la condition indispensable au développement des clubs et à leur création.

Il n’est pas question de repartir de zéro. Cependant, certains aspects des nouveaux diplômes doivent être rediscutés et amendés pour répondre à des objectifs pragmatiques : retour aux valeurs fondamentales d’excellence et possibilité de voir renaître une école nationale de formation. Cela sera étudié en concertation avec toutes les parties prenantes.

Si l’enseignement de l’escrime doit constituer un métier à plein temps pour certains, il doit aussi être envisagé comme une activité complémentaire pour d’autres.

Il s’agit d’un principe de réalité, adaptée à chaque club ou structure, face à une offre d’emploi limitée dans notre discipline.

 La formation : le levier stratégique du développement de l’escrime.

Le parcours de formation doit être performant et attractif. Il doit pouvoir reposer sur l’alternance, rendant ainsi l’enseignement de l’escrime compatible avec un autre projet scolaire ou professionnel. Pour cela, il faudra s’appuyer sur nos diplômes fédéraux et  construire une formation cohérente de l’animateur jusqu’au DESJEPS  en remettant la leçon individuelle au cœur du dispositif tout en maitrisant parfaitement la pédagogie collective.

Les CTS et les maîtres d’armes  des clubs formateurs doivent être les pivots de ces formations.

Une formation continue accessible  et des journées d’échange seront proposées à tous les maîtres d’armes.

Les coûts devront  être maitrisés et tous les leviers de financement activés.

L’accès au haut niveau

Concernant les filières d’accès au haut niveau, nous définirons un nouveau dispositif de détection, d’entraînement et de formation à l’échelon des Ligues et des zones à partir d’une réflexion commune (élus, EN, entraîneurs des pôles, MA des clubs et CTS).

Les Ligues et les zones dont le découpage sera repensé, doivent se sentir concernées par un parcours d’excellence sportive  progressif, aux objectifs partagés entre élus et techniciens Nous organiserons un mode de fonctionnement décloisonné entre clubs formateurs, pôles régionaux et INSEP.

Ce  schéma   plus souple nous permettra de conserver nos jeunes talents  soit dans leur club soit dans ces pôles régionaux pouvant être mixtes et  créés à l’initiative de la Ligue et de la zone. Ces structures pourront s’appuyer également sur des clubs formateurs ou sur les pôles France Jeunes existants. Nous développerons plus en détail  dans les semaines qui viennent l’organisation et le financement de ce nouveau dispositif.

Nous mettrons en place pour les jeunes escrimeurs qui le désirent une organisation spécifique leur permettant de poursuivre dans de bonnes conditions un double projet qui est à mon sens un impératif  au bon fonctionnement de notre sport.

Quant au très haut niveau, nous bénéficions d’un outil exceptionnel qui est probablement sous-utilisé. Il est évident que l’INSEP doit s’ouvrir mais de façon organisée. Des négociations devront être menées en ce sens avec l’Etablissement et le Ministère.

Un nouvel organigramme de l’encadrement des Équipes de France sera proposé permettant ainsi une plus grande perméabilité entre les armes et les catégories.

Dans chaque arme, en début de saison, il sera nécessaire que se réunisse en séminaire autour de l’entraîneur national et de la commission d’arme, l’ensemble des maîtres d’armes de clubs et des cadres techniques fédéraux concernés.

Ces regroupements auront pour but de définir les grands axes de la politique sportive commune dans l’arme à mener durant la saison.

Il est d’après moi indispensable que la France soit présente sur tous les grands rendez-vous internationaux, cadets et juniors y compris – 23 ans. Nous n’envisagerons de faire des coupes budgétaires sur ces postes que contraints et forcés, si les finances  fédérales s’avéraient trop dégradées.

Nous ferons évoluer également le rôle des commissions d’armes en réfléchissant avec elles sur la meilleure manière d’optimiser  leur fonctionnement.

D’autre part, nous proposerons de revoir l’accès aux Coupes du Monde en permettant ainsi à certains tireurs de se qualifier par les circuits nationaux.

Régénérer la vie sportive

Il sera indispensable de revoir le découpage des zones qui doivent être moins étendues, adaptées aux moyens disponibles et, bien entendu, à la géographie.

Cette nouvelle « cartographie » sera élaborée en totale concertation avec les élus et les techniciens.

Elle permettra  aux CTS de travailler  entre eux en étroite collaboration sans remettre en cause leur implication régionale. Ils constitueront ainsi une équipe technique de zone impliquée dans le processus de formation et de détection.

Créer de la proximité c’est réduire les coûts financiers et répondre également aux nécessaires exigences du développement durable. En quelque sorte, il faut réduire le coût de la touche donnée pour l’organisateur et pour le pratiquant.

Pour cela, il faut revaloriser les compétitions de proximité ouvrant droit à des qualifications aux Championnats de France et à la Fête des Jeunes.

Nous réexaminerons les conditions d’accès à la compétition notamment pour les jeunes pouvant bénéficier de sur-classement, l’objectif étant de veiller à la sécurité des pratiquants tout en favorisant la vie sportive régionale.

Il est nécessaire de définir, pour chaque arme, des formules attractives, lisibles, modulables mêlant intelligemment rencontres individuelles et par équipe.

Il conviendra de revoir les Championnats de France Seniors par équipe qui actuellement ne conviennent à personne.

Il nous faudra également prendre en compte la  spécificité des Ligues d’Outre-Mer en recherchant par exemple des modes de qualifications moins contraignants en terme de calendrier et d’implantation des compétitions en Métropole.

Des propositions seront faites à la commission Vétérans entre autres, dans le domaine de l’arbitrage. Nous envisagerons  aussi  que des cadres techniques fédéraux assurent l’encadrement  des grands rendez-vous internationaux et  leur préparation.

Dans les semaines qui viennent, je vous ferai part de ma position sur le flocage, la double licence. Nous développerons nos propositions en direction de l’escrime scolaire (qui constitue pour de nombreux clubs et maîtres d’armes une activité importante), l’escrime en entreprise, l’escrime loisir, l’escrime artistique et bien d’autres sujets encore.

Enfin, certaines actions ont déjà été menées autour de populations fragilisées. Elles seront poursuivies et renforcées afin que le développement de nos pratiques s’adapte aux défis sociaux et démographiques, en particulier dans la lutte contre les dépendances,  quelles  qu’elles soient.

Nous devons maintenir notre effort et donner du sens à nos partenariats avec la F.F.H. (Fédération Française Handisport) et la F.F.S.A. (Fédération française du Sport Adapté)

L’arbitrage

Les  arbitres doivent être placés au cœur de l’organisation qui fait progresser l’escrime.

Les liens entre la CARE (Commission d’Arbitrage et du Règlement pour les Epreuves), au niveau national, et les C.R.A. (Commissions Régionales d’Arbitrage) doivent être resserrés.

Nous favoriserons l’arbitrage multi-armes, nous mettrons en place des stages nationaux afin de proposer à nos arbitres une mise à jour de leurs connaissances. Pour nos juges internationaux nous organiserons des regroupements avec nos amis européens de manière à tendre vers une homogénéisation de l’arbitrage.

Nous solliciterons également des arbitres nationaux et internationaux à l’occasion des stages des équipes de France (toutes catégories confondues) en étroite collaboration avec la DTN et les Entraîneurs Nationaux.

Nous  revaloriserons la CARE(aussi appelée CNA)et donnerons  à la commission son rôle d’organe de propositions au niveau des règlements ; pour ce faire, elle devra se rapprocher de la commission des éducateurs.

Il faut également revoir les forfaits « arbitrage » en différenciant plus nettement les indemnités internationales, nationales et régionales.

Nous aiderons la CARE à développer de nouveaux outils de communication lui  permettant de faire circuler rapidement l’information (mises à jour du Règlement International par exemple), de gérer les arbitres au niveau national grâce à des fichiers partagés avec les organisateurs de compétitions.

 

La  communication

Concernant la communication, nous reviendrons à des messages judicieux et simples selon un calendrier cohérent.

Nous devons concrétiser des partenariats adaptés à la spécificité de l’escrime en activant les réseaux internes de notre tissu relationnel. Beaucoup d’escrimeurs sont prêts à nous aider en ce domaine  et nous devrons être attentifs à toutes les propositions.

Développer  l’Escrime dans les entreprises, c’est également mieux se faire connaître d’elles.

Nous nous engageons  à ce qu’un élu du Comité Directeur  fédéral se déplace afin d’aider un club, un Comité Départemental ou une Ligue à finaliser un partenariat ou une demande de subvention exceptionnelle.

La FFE soutiendra les projets de création ou de rénovations d’infrastructures auprès des institutionnels.

La ligne éditoriale du site sera redéfinie.

Nous devons impérativement nous pencher sur le fonctionnement pour le moins chaotique de l’extranet  proposé en ce début de saison. Le cahier des charges qui prévaut actuellement devra être réétudié et répondre aux attentes des utilisateurs.

Rénover un outil, oui, mais pour un progrès significatif.

Une cellule « assistance club » sera créée afin de les aider à répondre à leurs obligations administratives.

Gouvernance et gestion

Il ne peut y avoir de fédération qui se porte bien sans gouvernance respectueuse des instances déconcentrées et de ceux qui les font vivre, mais aussi sans gestion rigoureuse des moyens mis à sa disposition.

Avant toute chose, il est indispensable d’améliorer  la démocratie au sein de nos instances en réactualisant nos statuts et en adoptant dans les 2 ans une réforme électorale lisible selon un calendrier en synergie avec celui des instances concernées. (Comités Départementaux, Ligues, F.F.E., F.I.E.). Cette réforme sera le véritable aboutissement du projet voté à la va-vite en mai 2012 dont la mise en œuvre est pour le moins anarchique. Cette réforme électorale devra être le fruit d’un consensus général et le délai que je me fixe de deux ans, permettra d’avoir de nouveaux statuts largement avant les prochaines élections et non quelques mois voire quelques semaines avant le scrutin, comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui.

Pour moi, une bonne gouvernance c’est l’art de déléguer en confiance un certain nombre de missions. Les Présidents de Ligue notamment doivent voir leur légitimité nationale renforcée et être force de propositions. Pour cela, je m’engage à être à leur écoute et la Fédération apportera un soutien sans faille aux initiatives locales pertinentes.

Je souhaite également « décloisonner » les commissions et établir là aussi des passerelles de façon à ce qu’elles partagent leurs réflexions.

Enfin, il faudra veiller à maintenir notre rang à l’international non pas par intérêt personnel de certains mais pour le bien de l’escrime française en général…

Il conviendra également  de définir le rôle exact et la mission  du chef de délégation lors des grands rendez-vous internationaux.

Quant à la gestion financière, la priorité sera de bâtir un budget permettant de résorber les déficits structurels générés au cours de ces huit dernières années, tout en instaurant des procédures d’engagement de dépenses en cohérence avec nos ressources.

Les efforts actuels engagés trop récemment, suite notamment à notre demande et particulièrement à celle insistante de Serge AUBAILLY, devront être poursuivis.

Le fait que la Fédération ait été bénéficiaire en 2011 grâce à un artifice comptable (un changement clairement indiqué dans l’annexe des comptes 2011) et que les signaux d’alerte que nous avons transmis tant lors de Comités Directeurs que lors de l’Assemblée Générale Annuelle aient fait prendre conscience à l’équipe en place de l’impérieuse nécessité de revenir à l’équilibre dès 2012, ne doit pas occulter le fait que les huit dernières années ont dramatiquement appauvri nos réserves. Il conviendra de redresser la barre pour des raisons évidentes.

Une réflexion sera menée sur la pertinence ou non de conserver le siège Tour Gallieni.

Il nous faudra également être vigilants sur le coût engendré par l’organisation du centenaire de la F.I.E. l’an prochain à Paris de même que sur le financement des Championnats d’Europe de Strasbourg dont le budget ne nous a  pas encore été communiqué.

Nous devrons aussi provisionner les sommes nécessaires en vue du règlement des 2 litiges en cours et évaluer les conséquences de la perte probable du partenariat d’Adidas.

Enfin, je m’engage à ne jamais demander de rémunération ni pour moi, ni pour ceux qui m’entoureront dans le bureau, car j’estime que la gestion d’une Fédération comme la nôtre est un honneur qui se suffit à lui même.

Pour conclure cette première présentation, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à notre projet par leurs idées, leurs expériences acquises sur le terrain et leurs compétences dans les domaines aussi variés que la formation, les finances, la vie sportive, etc.… Ces échanges fructueux nous ont souvent confortés dans notre vision du plan de redressement que nous vous proposons mais nous ont également permis de faire évoluer notre position sur des sujets souvent complexes. Nous continuerons à développer chaque semaine sur le blog, point par point ce projet  au travers d’articles et d’interviews.

Nous ne manquerons pas de vous présenter également les personnalités qui nous feront le plaisir de composer notre équipe ainsi que le cadre technique que je proposerai au poste de D.T.N. si vous me faites l’honneur de me confier l’avenir de notre Fédération pour cette nouvelle Olympiade.

Enfin, nous reparlons d’Escrime !

Isabelle LAMOUR

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A propos ffe2012

dirigeant escrime passion
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Un commentaire pour Mon projet

  1. Anonyme dit :

    Je soutiendrai avec mon club la candidature d’Isabelle Lamour à la présidence de la FFE pour plusieurs raisons exposées dans son projet. En effet, il est urgent de « parler escrime ». J’attends d’une fédération autre chose que des injonctions. Il doit y avoir un vrai échange entre les acteurs de l’escrime : les clubs, les ligues, qui font vivre ce sport et qui sont ceux qui ont toujours contribué à maintenir le niveau de nos athlètes depuis tant d’années. Sans eux la fédération n’existe pas. Alors j’ai de vrais espoirs concernant le dialogue, l’échange, et l’idée que les maîtres d’armes sont des vraies forces de propositions. Ils vivent l’escrime sur le terrain des compétitions avec leurs élèves. Je partage un certain nombre d’idées de ce projet notamment :
    1) une idée de redécoupage des régions et des zones ou tout au moins réinstaurer un niveau fort dans les régions en les revalorisant et en les replaçant au coeur du parcours de qualification (championnat de France, fête des jeunes)
    2) la volonté de concertation et un fonctionnement démocratique
    3) la réduction des coûts pour les clubs et les tireurs
    4) la formation des jeunes compatible avec le parcour scolaire et professionnel et un travail sur les financements
    5) le soutien aux actions
    6) repenser les formules de compétitions, qu’elles soient compréhensibles et pertinentes,
    7) le décloisonnement dans tous les domaines
    8) un haut niveau qui soit une locomotive pour les jeunes et qui tire réellement les escrimeurs vers le haut, ils doivent se rencontrer.

    Et enfin, l’idée et la conception d’une fédération qui n’oubliera pas son rôle de « fédérer » , soutenir, entendre, et partager les idées, informer. Qui sera également attachée à son rôle délégataire du ministère et qui travaillera au développement du sport, aux missions du ministère et qui soutiendra une politique en direction des jeunes et de l’éducation, et à l’accès au plus grand nombre vers notre sport.

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