Isabelle Lamour candidate à la présidence de la Fédération Française d’Escrime

Retrouvez son intervention liminaire ci dessous :

« Bonsoir à toutes et  à tous.

Avant toute chose je tiens, à mon tour, à vous remercier d’être là ce soir. Vous venez de loin pour certains ; vous avez changé vos horaires de train ou d’avion pour d’autres… Mille mercis à vous !

Vous connaissez la raison de mon invitation. Je l’ai déjà évoqué avec bon nombre d’entre vous. J’ai décidé de conduire une liste alliant compétence, expérience et …. enthousiasme aux prochaines élections fédérales.

Après plus de trois ans passés  à assister, quasi impuissants, à la dégradation de la situation de  notre Fédération, nous avons décidé de travailler à une candidature  que je porterai, soit avant la fin 2012, soit au premier trimestre 2013.

Nous en saurons plus sur la date et le mode de scrutin des élections fédérales demain soir.

Je dis « nous » car nous sommes de plus en plus nombreux au sein du Comité Directeur, au sein des ligues, des comités départementaux et des clubs, à faire ce triste constat malgré les alertes répétées qui auraient dû faire réagir l’actuelle équipe en place :

-Problèmes financiers récurrents,

-Manque de résultats au plus haut niveau,

-Nombre de licenciés en berne au regard des objectifs annoncés.

-Perte de visibilité de notre sport dans les médias malgré l’organisation magnifique  mais couteuse des Championnats du Monde  au Grand Palais,

-Obsession de l’image allant même jusqu’à imposer la tenue de nos minimes…

La liste ne cesse de s’allonger et les nuages s’amoncellent sur la Fédération à tel point que le Ministère nous classe aujourd’hui dans la catégorie des Fédérations « fragiles ». Les clignotants sont à l’orange… ils seront bientôt rouges !!!

Vous l’aurez compris, dans ce contexte de crise où chaque euro d’argent public est de plus en plus difficile à trouver, nous devons réagir, établir les priorités qui nous permettront de passer ce cap difficile et de retrouver notre rang.

Notre rang, mais aussi  la convivialité et la sérénité dont nous avons besoin pour avancer.

Pour cela, il faut une méthode et un programme.

La méthode tout d’abord : je suis atterrée par le mode de fonctionnement autocratique de nos instances. Le Comité Directeur n’est qu’une  chambre d’enregistrement. Pourtant les débats ne manquent pas mais les propositions ne sont que rarement retenues et les textes quasiment  jamais amendés.  Certains membres ne se déplacent même plus tant leur présence leur semble inutile.

En fait, la base n’est pas écoutée.

Je vous propose un autre type de gouvernance basée sur la confiance. Faire confiance c’est déléguer des missions fédérales en toute responsabilité. Nous ne manquons ni de compétence ni de volonté d’agir, vous l’avez maintes fois démontré.

Par exemple nous pouvons imaginer un ordre du jour du Comité Directeur beaucoup plus compact, laissant  un temps au dialogue entre les Présidents de Commissions, les Présidents de Ligues et les permanents de la Fédération. Nous pourrions ainsi élaborer les projets fédéraux soumis à l’approbation des Comités Directeurs suivants .Ça se fait déjà dans certaines fédérations et ça marche !

D’autre part, en étroite collaboration avec le DTN, je renforcerai le travail de proximité avec les clubs, les comités départementaux et les ligues en dégageant les ressources humaines nécessaires. Nous devons lever les freins, donner de la souplesse à notre système de fonctionnement  tout en conservant un cadre défini et solide car, vous le savez bien,  toutes les ligues n’ont pas la même problématique.

Venons-en maintenant au programme :

Notre étendard, c’est la Fédération Française d’Escrime !

–    F comme France !

–    F comme Finances !

–    E comme Education….!!!

E comme éducation mais aussi E comme Escrime. C’est ce qui nous réunit ce soir. Je commencerai donc par là…

Aujourd’hui, la situation est préoccupante. Les clubs ne trouvent plus d’enseignants. En découle une création d’associations insuffisante. Les jeunes s’orientent difficilement vers les formations d’éducateurs. Bien que l’IFFE existe, il ne répond pas aux attentes.

Je demanderai au DTN  d’axer prioritairement  son action sur la formation.

Il est indispensable de trouver une forme minimale de qualification  qui permette très tôt une rémunération légale avec une formation de base. Cette formation initiale doit impérativement être complétée et renforcée  par une formation continue dans laquelle s’investiront les ligues et les clubs aidés par les CTS.

Sans remettre en cause ce qui existe déjà, j’ai rencontré des Présidents de club  choqués par l’organisation même de notre formation : ils ont le sentiment de participer de façon conséquente aux frais (plus de 5000 euros sur 2 ans pour 7 semaines de formation pour un DE) alors que  leur candidat est, selon eux, essentiellement formé au sein du club par un enseignant qu’ils rémunèrent déjà.

La mise en place des nouveaux diplômes a changé la donne .Nous devons communiquer, expliquer, renseigner sur les modes de financement, déverrouiller les portes qui ont été fermées. Certaines fédérations comme le tennis ou le judo ont parfaitement réussi cette transition.

Parallèlement à ce travail de base, je vous pose la question : Faut-il sédentariser l’école de maître d’Armes itinérante, la développer et lui redonner son lustre et son rayonnement international ?

Nous avions la meilleure école de Maitres d’ Armes du monde, nous avons des enseignants extrêmement  compétents .Je dirais même  « des pépites »  Demandons leur de nous rejoindre. Qu’ils nous aident en transmettant  leur savoir et leurs connaissances. Ils seraient ponctuellement sollicités dans le cadre d’une formation continue structurée.

Ouvrons également nos centres de haut niveau aux Maitres d’Armes  qui souhaitent perfectionner leur enseignement.

Si cette transmission ne se fait pas alors nous régresserons.

Enfin quelques mot sur la VAE (validation des acquis d’expérience). Elle n’est pas suffisamment exploitée, mais je dois le reconnaître c’est un mal français… Nous ne sommes pas enclin à la promouvoir quelque soit le secteur d’activité associatif ; la faute très certainement à une procédure complexe de validation qui souvent décourage le candidat et son association. Nous devons persévérer dans cette voix également.

– F comme Finances maintenant.

C’est là ma plus grande inquiétude… Je vous le disais tout à l’heure, le Ministère des Sports a classé notre Fédération parmi les  fédérations olympiques les plus fragiles.

Si le Ministère remplit ainsi son rôle d’alerte protecteur, je ne vous cache pas ma colère de voir une fédération pourvoyeuse de résultats mondiaux depuis plus d’un siècle, se retrouver ainsi sous perfusion.

Et pourtant, on nous annonçait, pêle-mêle, économies grâce à l’achat du siège, recettes supplémentaires par l’arrivée en nombre de nouveaux sponsors et augmentation massive du nombre de licenciés capables de nous assurer une stabilité et une visibilité financières…

Rien de tout cela !!! Malgré nos alertes répétées, la Fédération Française d’Escrime s’enfonce dans un déficit chronique que, seule une subvention exceptionnelle du CNDS est venue provisoirement atténuer à l’issue des Championnats du Monde. Nous ne pouvons pas continuer comme cela …. !

Ce n’est pas Serge AUBAILLY qui me contredira. Il faut des compétences nouvelles et des procédures rénovées en matière de dépenses. Notre capacité à mieux négocier les conventions d’objectifs avec le Ministère des Sports ne peut se renforcer qu’à la seule condition que nous ayons défini les priorités de la Fédération Française d’Escrime.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Trop de saupoudrage, pas assez de synergie avec les collectivités territoriales. Malgré notre représentation   dans les organes nationaux de gestion du CNDS en 2012 ,4 projets seulement  pour l’escrime sur 339 retenus (dont 2 rénovations).

Il faudra aider les ligues et les clubs là aussi à défendre leurs intérêts au niveau de la part régionale de cet outil indispensable à notre développement.

Quant au siège, je le considère comme une épine dans le pied de la Fédération.

Trop grand, trop cher .

Vous êtes nombreux, là aussi, à m’avoir fait part de vos interrogations… Je compte m’investir dans ce dossier dès mon élection. J’aurai besoin de vous. Nous étudierons toutes les possibilités et nous trouverons la solution.

F comme France, enfin !

Parler du haut niveau n’est pas chose aisée pour moi aujourd’hui  alors que nos Equipes de France jouent actuellement leur qualification pour les  Jeux de Londres…  et la bataille est rude!

Sans jouer « les anciens combattants », il faut se rendre à l’évidence et j’imagine qu’  Anne-Lise TOUYA et Philippe BOISSE seront de mon avis. Là bas, au mois d’août, les perspectives de médailles sont plus minces que pour Pékin, Athènes ou Sydney, pour ne parler que d’un passé glorieux récent.

Je ne suis pas la seule à le penser. Un bilan paru il y a un mois dans un quotidien  nous classait parmi les 10  flops sportifs de l’année 2011 .Ceci révèle l’inquiétude qui règne parmi les observateurs avertis quant aux chances de médailles pour nos Champions…

Mais quand je parle de médailles et podiums, je veux aussi parler avec vous de l’impact que ces brillants résultats doivent avoir sur le développement de notre sport. Car ce sont bien les résultats aux Jeux et, dans une moindre mesure, les Championnats du Monde qui nous mettent en position de force pour négocier avec l’Etat et les collectivités, voire les sponsors, des moyens supplémentaires, synonymes de nouveaux  licenciés et adhérents dans nos clubs.

Ce sont ces mêmes résultats qui nous permettent de faire reconnaître l’engagement sans compter de nos athlètes, de nos éducateurs et de nos bénévoles

Quelles  sont les causes de ce qui ressemble beaucoup à une perte de vitesse ?

On ne doit pas les chercher du côté de l’INSEP qui, depuis sa rénovation, est devenu un outil que beaucoup de pays nous envient.

Il me semble que nous devons nous interroger sur le parcours de détection et d’entraînement qui amène progressivement une jeune « pousse » vers l’Equipe de France.

Force est de constater que l’encadrement de nos équipes fanions est très largement fournie.

En revanche, certaines ligues sont dépourvues de cadres techniques.

En effet, sur 45 postes mis à dispositions par le Ministère, seuls 17 sont attribués aux ligues sur des postes de CTS.

Redéployons de façon structurée et harmonieuse nos techniciens.

Il faut retrouver un maillage cohérent de nos territoires.

Je demanderai au DTN de  rééquilibrer les missions de détection, d’accompagnement des clubs, des ligues et d’entraînement de nos élites. Il proposera  une politique pour les 2 olympiades à venir.

Le recrutement des professeurs de sports, « denrée » qui, pour cause de  Révision Générale des Politiques Publiques, deviendra de plus en plus rare dans le monde fédéral, sera pour moi également une priorité dès mon entrée en fonction. Elle nécessitera un dialogue franc et déterminé avec le Ministère des Sports.

Quant aux filières de détections dont les pôles sont le socle et le passage quasi obligé, il faut, me semble-t-il, leur redonner de la souplesse.

Ne dépouillons plus systématiquement nos clubs de leurs meilleurs éléments. Laissons le choix à nos jeunes .Les bénéfices seront nombreux : émulation au sein du club, valorisation du travail de l’enseignant, équilibre entre études et entrainement, implication raisonnée des clubs et des ligues dans les filières d’entrainement  et enfin couts maîtrisés pour la Fédération.

Et puis sortons nos jeunes. L’escrime est un sport où l’expérience acquise est primordiale. Faisons en sorte qu’ils s’aguerrissent et progressent au plus vite.

Redonnons de la légitimité aux clubs dans les catégories jeunes en les associant, de manière plus systématique, aux déplacements internationaux.

Ne nous posons plus la question de savoir si nous devons participer ou non aux Mondiaux cadets. Oui, il faut participer.

Là aussi, j’aurai besoin de votre éclairage pour construire un édifice novateur et bien plus performant qu’aujourd’hui.

Quant aux commissions d’armes, elles ne doivent pas subir de restrictions budgétaires ; bien au contraire. Nous irons chercher des économies  ailleurs .Si nous le pouvons nous augmenterons leurs dotations.

En effet, une Equipe de France ne se limite pas à 4 tireurs mais à un groupe plus conséquent dont les déplacements doivent être pris en charge par la Fédération.

Resserrons également les liens avec les athlètes de façon à ce qu’ils se sentent plus écoutés et soutenus.

Renforçons leur suivi socioprofessionnel. Nous devons être exemplaires dans ce domaine tant la carrière de nos champions est souvent longue et les compétitions nombreuses.

*    *    *

Mes chers amis, il ne peut pas y avoir de compétition sans arbitre…

C’est l’essence même de la délégation que nous confie le Ministère des Sports.

Et il n’y a pas de culture de l’arbitrage chez nos jeunes contrairement aux judokas ou aux basketteurs, par exemple.

Dès le plus jeune âge, arbitrer ne doit pas être une contrainte mais une fierté. Revalorisons la place de l’arbitre.

Les contraintes financières liées à l’arbitrage privent certains de nos jeunes (et de nos moins jeunes d’ailleurs) de compétitions. Nous ne pouvons plus l’accepter et devons adapter la règle en fonction de la pratique .Je pense notamment  aux vétérans.

Nous devons  mutualiser les moyens de façon à ce que ce poste « arbitrage » soit moins lourd en terme de cout.

Resserrons les liens entre la CNA et les CRA, entre la CNA, les organisateurs de compétitions et les clubs par la mise en place d’un outil informatique performant et simple d’utilisation. Je sais que certains y pensent déjà.

Nous veillerons à redynamiser l’arbitrage français à l’international en renforçant notre pool d’arbitres FIE.

Je souhaite également que la fédération mette un salarié à disposition  de la CNA, nous en discuterons mais un ½ poste me semble adapté

D’autres thèmes majeurs  retiendront bien sûr notre attention comme

– le rapprochement  déjà entrepris entre escrime  valide et non valide. Rappelons que nous sommes ici dans les locaux de nos amis de la Fédération Handisport.

-le rapprochement également avec nos amis d’outre-mer dont les jeunes apportent énormément à nos équipes de France.

Autres sujets :

-Nous encouragerons les initiatives prises par bon nombre d’entre vous dans les domaines de l’escrime scolaire, l’escrime artistique, l’escrime entreprise et bien sûr les vétérans déjà très bien structurés dont le dynamisme a permis l’augmentation sensible du nombre de tireurs classés.

-Nous réfléchirons à un redécoupage éventuel des zones et à l’organisation des compétitions. Sans vouloir tout bouleverser, il convient de revenir à des choses simples, facilement compréhensibles, qui permettent, à mon sens, de confronter notre élite à sa base et qui l’incitent à participer aux compétitions nationales.

Avoir du nombre dans les compétitions (à condition d’être soutenu, accompagné  par les structures fédérales) offre une résonance « sport populaire » festive très intéressante pour la vie associative locale

-Nous mettrons en place une  cellule «  assistance club » qui aidera les dirigeants  à répondre à leurs obligations administratives  par la mise à disposition de kits mais aussi par l’organisation  d’un réseau de référents.

-Nous nous concentrerons également sur  le marketing et  la communication avec une approche différente. Il n’y a pas de petits partenaires, tous seront les bienvenus.

Nous pourrons également activer les réseaux d’anciens, jamais sollicités et qui, j’en suis persuadée seront  heureux de nous aider

-Enfin, nous nous mobiliserons de façon à ce que la France retrouve son rang dans les instances internationales. C’est indispensable si nous voulons rester une nation influente du monde de l’Escrime.  Catherine Defoligny et Serge Plasterie vous le confirmeront.

Voilà rapidement brossées les grandes orientations  de mon programme. Il doit devenir le vôtre par le dialogue et l’échange .

Mes Chers Amis,

Pour relever avec vous ces défis sachez que la Fédération mobilisera toute  mon attention et  mon énergie. Je ne briguerai aucune autre fonction.

Nous avons la chance d’avoir des personnalités compétentes  dont l’expérience permettra de défendre au mieux  les intérêts de notre fédération tant sur le plan  national qu’international.

Et vous  le voyez les sujets sont nombreux !!!

La marge de manœuvre financière sera dans un premier temps limitée nous obligeant  ainsi à établir  les priorités, à les gérer avec efficacité. Nous serons inventifs, créatifs. Le bon sens l’emportera.

Je sais également  que la qualité des relations du binôme Président /DTN  est  fondamentale comme celle qui lie les bénévoles  aux techniciens. Nous sommes complémentaires, nous devons travailler main dans la main.

Notre patrimoine, c’est notre histoire, nos histoires faites de victoires et de défaites, de joies et de peines mais surtout d’engagement et de détermination.

Tout cela, je l’ai patiemment appris auprès d’un grand nombre d’entre vous. Je suis prête aujourd’hui à relever ce défi. Mais je ne le ferai pas seule.

Ce qui me porte, ce qui prévaut, c’est l’intérêt général, pas le goût d’une aventure individuelle parce qu’il n’y aurait rien d’autre à faire…

Il ne s’agit pas pour moi de « renverser la table ». Une Fédération comme la nôtre est par nature mal armée pour supporter des changements à la serpe.

Je veux ouvrir les portes et fenêtres de la Fédération. Redonner du sens à notre action commune. Retrouver aussi le sourire et la convivialité qui siéent si bien  à notre sport !

Je suis convaincue que c’est un réseau de liens qu’il nous faut tisser, une force interne qu’il nous faut retrouver.

Une partie de nos dysfonctionnements sont issus, je le pense, de ces cloisonnements ou de ces indifférences constatées. Or l’amélioration de notre potentiel humain passe par la reconnaissance et le respect mutuels.

Fleurettistes, épéistes et sabreurs licenciés de la FFE que nous sommes, nous poursuivons le même objectif : pratiquer et faire pratiquer nos disciplines dans les meilleures conditions possibles. Nous devons en cela, avoir l’ambition de porter notre fédération aux avant-postes du sport français, donner l’exemple d’une communauté sportive non seulement pourvoyeuse de médailles mais aussi animée d’un esprit solidaire.

Cet esprit, nous n’avons pas la prétention de l’inventer, il convient seulement de le retrouver »

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